Ce que vous lisez« … ceci constitue une infraction »
Ce que ça veut direL'administration a identifié une infraction. C'est explicite.
Publié le — dernière mise à jour le . Par Équipe levier.be.
On parle d'infraction urbanistique quand des actes ou des travaux sont réalisés sans le permis qui était requis, ou sans respecter le permis obtenu. Le maintien de cette situation peut lui-même être une infraction. Les textes changent de nom : Code du développement territorial (CoDT) en Wallonie, Code bruxellois de l'aménagement du territoire (CoBAT) à Bruxelles, Vlaamse Codex Ruimtelijke Ordening (VCRO) et omgevingsvergunning en Flandre.
Une infraction peut être poursuivie. Payer une amende ne remet pas, à lui seul, le bien en ordre : il faut encore un permis de régularisation ou une remise en état. Le montant dépend du dossier, de la région et de la voie retenue, pénale, administrative ou transactionnelle. Aucun barème unique n'est repris ici.
Wallonie (CoDT). L'article D.VII.1 qualifie d'infraction, notamment, les actes et travaux faits sans permis, après la péremption du permis ou sans le respecter, ainsi que le maintien de travaux réalisés sans le permis requis. Depuis le 1er avril 2024, l'article D.VII.1/1 instaure une présomption irréfragable de conformité : dix ans après l'achèvement lorsque les conditions du paragraphe 1er sont réunies, vingt ans pour les autres actes visés au paragraphe 2. Elle ne s'applique pas, entre autres, aux actes non conformes à la destination de la zone du plan de secteur, à la création d'un ou de plusieurs logements après le 20 août 1994, ni aux actes sur un bien classé ou assimilé. L'ancienne date du 1er mars 1998 a été supprimée. Ce mécanisme n'est pas une amende : il fait cesser le caractère infractionnel du maintien. Le propriétaire du bien peut être poursuivi, y compris lorsqu'il a consenti ou toléré le placement d'installations.
Bruxelles (CoBAT). L'article 300 vise, entre autres, les actes sans permis, les actes non conformes au permis, et le maintien de travaux infractionnels que l'on n'a pas réalisés soi-même lorsqu'on sait qu'ils le sont. Ce sont des infractions pénales. Le tribunal peut ordonner la remise des lieux en état, des travaux d'aménagement ou le paiement d'une somme correspondant à la plus-value. Le fonctionnaire sanctionnateur de la Région peut infliger une amende administrative. La page de la Région sur les infractions précise que le paiement de cette amende ne régularise pas le bien. Les pages officielles consultées ne décrivent pas de présomption de conformité comparable à celle du CoDT.
Flandre (VCRO et omgevingsvergunning). Depuis le 1er avril 2026, les délais suivent le Kaderdecreet Vlaamse Handhaving. La Flandre le dit explicitement : la prescription n'est pas une régularisation. Une construction prescrite reste illégale tant qu'une omgevingsvergunning ou une remise en état effective n'y met pas fin. Le droit d'imposer une mesure publique de remise en état se prescrit en principe cinq ans après que l'autorité a connu, par procès-verbal ou rapport de constat, à la fois le dommage et l'identité de l'auteur, avec un délai absolu de vingt ans à compter du jour de la violation. Ce droit ne peut pas s'éteindre avant la prescription de la poursuite pénale, ni avant celle de la sanction administrative. Une sanction administrative se prescrit cinq ans pour un misdrijf, à compter de la clôture du procès-verbal, et trois ans pour une inbreuk. La poursuite pénale se prescrit en principe dix ans à compter du jour des faits. Les constructions dont on prouve qu'elles ont été bâties avant le 22 avril 1962 sont réputées autorisées, et ce vermoeden ne peut pas être renversé.
Deux issues reviennent dans les trois régions : un permis qui couvre ce qui a été fait, ou la remise des lieux dans l'état autorisé. Le permis n'est pas de droit. La commune, et souvent un architecte, disent si le cas est régularisable.
Wallonie. Une demande de permis d'urbanisme de régularisation peut être introduite avant ou après le procès-verbal de constat. Si le permis est délivré, une transaction peut être proposée. Sans paiement dans les six mois de la demande de l'autorité, le permis est périmé. Ce délai peut être porté à dix-huit mois, avec un échelonnement, à la demande du contrevenant. Si les travaux ne sont pas régularisables, la procédure pénale ou civile se poursuit, et le tribunal peut ordonner la remise en état.
Bruxelles. La sortie passe par la remise en état ou par un permis de régularisation. Pour des actes réalisés avant le 1er janvier 2000, conformes à la réglementation de l'époque ou à la réglementation actuelle, et qui n'étaient pas soumis à évaluation des incidences, l'article 330, § 3, du CoBAT ouvre une procédure de régularisation simplifiée.
Flandre. La régularisation se demande comme une omgevingsvergunning, via l'Omgevingsloket. L'autre voie est la remise en état : retour à l'état d'origine, travaux d'adaptation, ou fin d'un usage contraire. La prescription ne remplace ni l'une ni l'autre.
Un bien peut être mis en vente alors qu'une infraction est connue. Le vendeur doit informer l'acheteur. Le notaire réunit les renseignements urbanistiques et les verse au dossier. levier.be ne délivre pas ces renseignements et ne confirme pas qu'un bien est en règle.
Wallonie. L'article D.IV.99 du CoDT impose de mentionner dans l'acte de cession si le ou les cédants ont réalisé des actes et travaux constitutifs d'une infraction au sens de l'article D.VII.1, § 1er, 1°, 2° ou 7°, et, le cas échéant, qu'un procès-verbal a été dressé. Cette mention incombe au titulaire du droit, à son mandataire ou au notaire. Si l'administration ne répond pas dans le délai prévu, l'acte indique la date de la demande et le défaut de réponse.
Bruxelles. Depuis le 1er novembre 2014, le compromis reprend notamment les permis, les affectations licites et les éventuelles infractions. Notaire.be rappelle que ces renseignements viennent de la commune, qui les communique dans les trente jours, et qu'ils figurent aussi dans la publicité de mise en vente.
Flandre. Le vendeur fournit les vastgoedinlichtingen voor overdracht, autrefois le stedenbouwkundig uittreksel : permis, éventuelles infractions, droit de préemption et prescriptions de lotissement. Vlaanderen.be indique que le document ne peut pas dater de plus d'un an au moment de la vente. Le notaire peut le demander via le Vastgoedinformatieplatform.
Vente publique et Biddit. Le notaire reprend la situation urbanistique dans le cahier des charges et ses annexes. L'adjudication se fait sans condition suspensive : le prix atteint engage l'acheteur. Le détail des enchères en ligne est dans le guide Biddit. Les ventes en cours sont sur les ventes publiques. Les biens déjà décrits comme ruines ou saisis sont listés à part, sur ruines et saisies.
Il n'existe pas un formulaire fédéral unique. Le constat appartient à des agents désignés. Un signalement n'est pas, à lui seul, un procès-verbal, et il n'oblige pas le parquet à poursuivre.
Wallonie. Des agents constatateurs — officiers de police judiciaire, agents communaux désignés par le conseil communal, agents régionaux — recherchent et constatent les infractions. Ils adressent d'abord un avertissement et fixent un délai de mise en conformité compris entre un mois et deux ans. À défaut de mise en conformité, un procès-verbal est transmis au procureur du Roi. Pour attirer l'attention de l'administration, on s'adresse au service d'urbanisme de la commune du bien.
Bruxelles. Les communes et Urban.brussels constatent les infractions. La commune intervient en principe lorsque c'est elle qui délivrerait ou a délivré le permis. La cellule Inspection d'Urban.brussels constate notamment les faits sur l'espace public, ceux commis par un pouvoir public ou sur son bien, ceux qui touchent un bien ou un site du patrimoine protégé, et ceux liés à un projet de grande envergure soumis à évaluation des incidences. Urban.brussels demande, pour une dénonciation recevable, l'identité (l'anonymat peut être sollicité), l'adresse exacte, une description et des photos. L'envoi se fait par le formulaire en ligne, par courriel à ISA-IAS@urban.brussels, ou par courrier. Un accusé de réception est adressé dans les cinq jours ouvrables. Si le fait ne relève pas de la Région, la cellule Inspection ne le traite pas. Le procès-verbal, lorsqu'il est dressé, est transmis au procureur du Roi.
Flandre. Le constat prend la forme d'un procès-verbal ou d'un verslag van vaststelling. C'est ce document qui fait courir plusieurs délais de sanction et de remise en état décrits plus haut. La commune et l'Afdeling Handhaving du département Omgeving sont les services compétents.
Dans une vente de gré à gré, l'acheteur qui découvre une infraction a des leviers : il peut demander une baisse de prix, exiger que le vendeur régularise avant l'acte, ou glisser une condition suspensive dans son offre. Aux enchères, ces leviers disparaissent :
Une infraction ne rend pas un bien invendable. Elle a un coût : architecte, démarches, amende éventuelle, voire remise en état. Ce coût doit entrer dans votre prix maximum avant la vente.
Le notaire ne l'écrit presque jamais en gros titre. Elle se cache dans la rubrique « situation urbanistique » ou dans les renseignements urbanistiques communaux joints au dossier. Voici les formulations à repérer, tirées de cahiers réels analysés par l'équipe levier.be.
| Ce que vous lisez | Ce que ça veut dire |
|---|---|
| « … ceci constitue une infraction » | L'administration a identifié une infraction. C'est explicite. |
| « … réunis sans permis », « réalisé sans permis » | Des travaux ont été faits sans autorisation. |
| « aucun permis n'est connu pour… » ou « geen vergunning gekend » | La commune ne retrouve pas de permis. Ce n'est pas encore la preuve qu'il n'a jamais existé, mais c'est un signal fort. |
| « le permis de [année] régularise… » | Des travaux ont d'abord été faits sans permis, puis régularisés. Vérifiez que tout a été couvert. |
| « ne fait pas l'objet d'un procès-verbal d'infraction » | Aucune infraction constatée officiellement. Ça ne garantit pas qu'il n'y en a aucune. |
| Le nombre de logements diffère entre l'annonce et le dernier permis | Division sans permis : l'une des infractions les plus lourdes. |
Ce que vous lisez« … ceci constitue une infraction »
Ce que ça veut direL'administration a identifié une infraction. C'est explicite.
Ce que vous lisez« … réunis sans permis », « réalisé sans permis »
Ce que ça veut direDes travaux ont été faits sans autorisation.
Ce que vous lisez« aucun permis n'est connu pour… » ou « geen vergunning gekend »
Ce que ça veut direLa commune ne retrouve pas de permis. Ce n'est pas encore la preuve qu'il n'a jamais existé, mais c'est un signal fort.
Ce que vous lisez« le permis de [année] régularise… »
Ce que ça veut direDes travaux ont d'abord été faits sans permis, puis régularisés. Vérifiez que tout a été couvert.
Ce que vous lisez« ne fait pas l'objet d'un procès-verbal d'infraction »
Ce que ça veut direAucune infraction constatée officiellement. Ça ne garantit pas qu'il n'y en a aucune.
Ce que vous lisezLe nombre de logements diffère entre l'annonce et le dernier permis
Ce que ça veut direDivision sans permis : l'une des infractions les plus lourdes.
Ce tableau résume les grands principes. Il ne remplace pas l'avis d'un notaire ou d'un avocat sur un bien précis.
| Wallonie | Bruxelles | Flandre | |
|---|---|---|---|
| Travaux anciens | Depuis le 1er avril 2024 : présumés conformes 10 ans (infraction mineure) ou 20 ans (autre) après leur achèvement | Procédure de régularisation simplifiée pour les travaux d'avant le 1er janvier 2000 | Constructions d'avant le 22 avril 1962 réputées autorisées, sans contestation possible |
| Effet du temps | Aucun effet pour les infractions graves : logement créé après le 20 août 1994, bien protégé, usage contraire au plan de secteur | Maintenir des travaux sans permis reste une infraction | Depuis le 1er avril 2026, la prescription limite les poursuites et la remise en état. Elle ne vaut pas permis |
| Ce que ça change pour vous | Le temps joue pour vous, sauf si l'infraction touche au nombre de logements | L'infraction vous suit : prévoyez la régularisation | Vérifiez la date de construction et le registre des permis |
Travaux anciensDepuis le 1er avril 2024 : présumés conformes 10 ans (infraction mineure) ou 20 ans (autre) après leur achèvement
Effet du tempsAucun effet pour les infractions graves : logement créé après le 20 août 1994, bien protégé, usage contraire au plan de secteur
Ce que ça change pour vousLe temps joue pour vous, sauf si l'infraction touche au nombre de logements
Travaux anciensProcédure de régularisation simplifiée pour les travaux d'avant le 1er janvier 2000
Effet du tempsMaintenir des travaux sans permis reste une infraction
Ce que ça change pour vousL'infraction vous suit : prévoyez la régularisation
Travaux anciensConstructions d'avant le 22 avril 1962 réputées autorisées, sans contestation possible
Effet du tempsDepuis le 1er avril 2026, la prescription limite les poursuites et la remise en état. Elle ne vaut pas permis
Ce que ça change pour vousVérifiez la date de construction et le registre des permis
Ces extraits sont repris mot pour mot des documents de vente analysés par l'équipe levier.be.
deux penthouses ont été réunis sans permis
Mise à prix 450 000 €. Vendu 680 000 € le 10 septembre 2026, soit 51 % au-dessus de la mise à prix, infraction comprise.
Voir la ficheModification de la façade avant, enseigne, marquise-auvent et panneau publicitaire ne respectant pas le Titre VI du RRU, ceci constitue une infraction.
Mise à prix 82 500 €. Vendu 106 500 € le 6 août 2026, soit 29 % au-dessus.
Voir la ficheLe dossier mentionne un permis de 2019 qui régularise des volumes de toiture, un niveau sous toiture et le nombre de logements. Autrement dit, une partie du bâtiment a d’abord été réalisée sans permis. Avant d'enchérir, il faut vérifier que le permis couvre bien tout ce que vous achetez.
Voir la fiche« Des travaux de transformation ont été entrepris dans le garage... en l'absence de tout permis d'urbanisme requis »
Mise à prix : 200 000 €
Enchères du 2 novembre 2026 au 10 novembre 2026
Voir la ficheCe sont des travaux faits sans le permis requis, ou qui ne respectent pas le permis obtenu. Les cas les plus fréquents : extension ou véranda sans permis, combles aménagés, terrasses fermées, façade modifiée, maison divisée en plusieurs logements, changement d'usage (commerce transformé en habitation).
Il dépend de l'infraction, de la région et de la commune : honoraires d'architecte, frais de dossier, amende éventuelle et, dans les cas graves, travaux de remise en état. Aucune source officielle ne publie de coût moyen fiable. Demandez une estimation à un architecte avant la vente.
Depuis le 1er avril 2024, l'article D.VII.1/1 du CoDT présume conformes, de façon irréfragable, les actes et travaux dix ans après leur achèvement lorsque les conditions du paragraphe 1er sont réunies, et vingt ans pour les autres actes visés au paragraphe 2. Cette présomption ne couvre pas, entre autres, un usage contraire à la destination de la zone du plan de secteur, la création d'un logement après le 20 août 1994, ni un bien classé ou assimilé. L'ancienne date du 1er mars 1998 a été supprimée.
Il n'existe pas un montant unique pour la Belgique. En Wallonie, le CoDT prévoit une poursuite pénale et, lorsqu'un permis de régularisation est délivré, une transaction dont le montant est fixé dans les limites du Code. À Bruxelles, le CoBAT prévoit une amende pénale et une amende administrative : payer l'amende administrative ne régularise pas le bien. En Flandre, une sanction administrative peut être infligée ; sa prescription ne vaut pas permis. Le montant dépend du dossier.
Deux issues : un permis qui couvre la situation, ou une remise en état. En Wallonie, une demande de permis de régularisation peut être introduite avant ou après le procès-verbal. À Bruxelles, la remise en état ou un permis de régularisation sont nécessaires ; une procédure simplifiée existe pour certains actes réalisés avant le 1er janvier 2000. En Flandre, la régularisation passe par une omgevingsvergunning, via l'Omgevingsloket, ou par une remise en état. La prescription flamande ne régularise pas.
Oui, à condition d'informer l'acheteur. En Wallonie, l'acte doit dire si le cédant a réalisé des actes infractionnels visés par le CoDT et si un procès-verbal a été dressé. À Bruxelles, les permis, l'affectation licite et les éventuelles infractions figurent dans les renseignements urbanistiques, dans le compromis et dans la publicité. En Flandre, les renseignements immobiliers de la vente mentionnent les infractions et ne peuvent pas dater de plus d'un an. Le notaire réunit ces renseignements. En vente publique, ils sont dans le cahier des charges, et l'enchère est ferme.
Il n'existe pas un formulaire unique pour les trois régions. Le constat est dressé par des agents désignés. En Wallonie, ce sont les agents constatateurs de la commune ou de la Région : un signalement se fait auprès du service d'urbanisme de la commune. À Bruxelles, la commune constate en principe ; Urban.brussels intervient notamment sur l'espace public, un bien public, le patrimoine protégé ou un grand projet. Une dénonciation régionale indique l'identité, l'adresse, une description et des photos. En Flandre, le constat prend la forme d'un procès-verbal ou d'un rapport de constat.
Ce guide décrit les règles publiées par les régions et par notaire.be. Il ne remplace pas l'avis d'un notaire ou d'un avocat sur un bien précis.
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